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En bref : • La Cour de cassation a établi que les virements et retraits importants des comptes d'épargne de mineurs nécessitent l'accord des deux parents exerçant l'autorité légale. • Les banques doivent vérifier la double autorisation parentale pour toute opération de disposition, sous peine d'engager leur responsabilité civile. • Une décision de juin 2025 condamne une banque n'ayant pas vérifié l'accord maternel lors de virements effectués par un père depuis les livrets de ses enfants vers son entreprise. • Les établissements bancaires sont tenus de détecter les anomalies et opérations inhabituelles pour protéger les avoirs des mineurs contre d'éventuelles malversations parentales. |
La Cour de cassation a rendu, le 12 juin 2025, une décision majeure précisant les règles encadrant la gestion des comptes d’épargne détenus par des mineurs. Cette décision rappelle que certains actes, notamment les virements et retraits importants, requièrent l’accord conjoint des parents exerçant l’autorité légale. Cette jurisprudence souligne la responsabilité accrue des établissements bancaires, tels que la Caisse d’Épargne ou le Crédit Agricole, à veiller au respect de ces conditions pour protéger les avoirs des enfants contre des malversations parentales.
Sommaire
Conditions légales d’autorisation parentale pour la gestion de l’épargne des mineurs
La Cour de cassation réaffirme que la gestion des comptes d’épargne des mineurs implique le consentement des deux parents titulaires de l’administration légale des biens. Dans l’affaire jugée en juin 2025, un père avait effectué seul des virements depuis les livrets de ses enfants vers une entreprise dont il était dirigeant, sans l’accord de la mère. Cette situation a conduit à un quasi-épuisement des fonds, avec des soldes finaux très faibles. Le manquement de la banque à vérifier l’autorisation a été reconnu.
Les obligations des banques dans la gestion des comptes de mineurs
Les établissements bancaires doivent impérativement :
- Vérifier que les opérations de disposition, qu’elles soient des virements ou retraits, bénéficient de l’accord des deux parents.
- Détecter les anomalies ou opérations inhabituelles pouvant indiquer une gestion irrégulière, comme des transferts répétitifs vers une entreprise liée à un parent.
- Demander, en l’absence d’accord parental, une autorisation du juge des tutelles pour toute opération significative.
- S’assurer de respecter les règles en vigueur même auprès d’établissements tels que BNP Paribas, LCL, ou Banque Populaire.
- Engager leur responsabilité civile en cas de négligence dans l’analyse des opérations effectuées au nom des mineurs.
| Acte de disposition | Condition requise | Conséquence en cas de manquement bancaire |
|---|---|---|
| Virement depuis compte mineur | Accord des deux parents ou autorisation judiciaire | Responsabilité civile engagée, indemnisation |
| Retrait d’une somme importante | Validation par les deux titulaires de l’administration légale | Refus de l’opération ou faute bancaire en cas d’acceptation |
| Modification du livret d’épargne | Double signature parentale obligatoire | Nullité de l’acte si non conforme |
Exemples concrets dans le paysage bancaire français
Des banques telles que Crédit Mutuel et Boursorama ont renforcé leurs procédures internes pour garantir la double vérification parentale dans la gestion des livrets de leurs clients mineurs. De même, des établissements innovants comme ING Direct ou Hello bank! proposent des outils digitaux sécurisés permettant aux deux parents d’autoriser en temps réel les opérations sur les comptes de leurs enfants.
Conséquences juridiques pour les banques et les parents en cas de non-respect des règles
La décision de la Cour de cassation a clairement établi les responsabilités en cas de gestion problématique :
- La banque qui ne sollicite pas l’accord des deux parents engage sa responsabilité civile et peut être condamnée à rembourser les fonds spoliés.
- Le parent administrateur qui procède seul à des actes de disposition sans autorisation expose ses responsabilités, et peut être contraint par les juridictions à restituer les sommes indûment prélevées.
- En cas de conflit parental, le juge des tutelles peut être saisi pour autoriser, refuser ou encadrer certaines opérations.
| Acteur | Obligations | Sanction potentielle en cas de manquement |
|---|---|---|
| Banque (Société Générale, etc.) | Vérification des accords parentaux avant actes | Condamnation pour manquement au devoir de vigilance |
| Parent administrateur | Obtention du consentement de l’autre parent ou juge | Restitution des fonds, sanctions civiles ou pénales |
| Juge des tutelles | Autorisation ou contrôle légal des opérations financières | Validation ou rejet des actes de disposition |
Mesures préventives et bonnes pratiques bancaires
Pour éviter ces situations, les banques mettent en place plusieurs mesures :
- Intégration de systèmes de double authentification pour la validation parentale.
- Formation spécifique du personnel sur la réglementation relative aux comptes des mineurs.
- Mise à jour régulière des procédures internes au sein des établissements tels que LCL ou la Caisse d’Épargne.
- Communication claire auprès des clients sur les droits et devoirs liés à la gestion des comptes mineurs.
Ces précautions sont essentielles pour répondre aux attentes croissantes en matière de protection de l’épargne des mineurs, notamment face aux enjeux de fraude et détournement constatés depuis 2024.
Pour aller plus loin sur la thématique des livrets et des placements, consultez également :
- Épargne et inégalités
- Les options du Livret A
- Fiscalité du Plan Épargne Retraite
- L’épargne immobilière verte
- Tendances de consommation 2025

Je m’appelle Benoit Sanschagrin, passionné de crypto. J’ai toujours aimé les chiffres, mais ce qui me sidère, c’est comment une blockchain peut relier des gens à l’autre bout du monde. La crypto, c’est un peu de magie et beaucoup de curiosité.