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En bref : • La BAII, créée en 2015, est devenue un acteur majeur du développement avec 110 États membres et plus de 300 projets financés à l'échelle mondiale. • Malgré son image multilatérale, l'institution reste fortement influencée par la Chine qui détient 26,5% des droits de vote et favorise ses alliés politiques dans la sélection des projets. • En 2025, la BAII consacre plus de 50% de ses financements à des projets écologiques, notamment dans l'énergie, l'eau et la mobilité durable, renforçant sa légitimité internationale. • L'institution développe activement des partenariats stratégiques en Europe et en Afrique pour diversifier son influence au-delà de l'Asie. • Des défis persistent concernant son indépendance vis-à-vis de Pékin, illustrés par le départ du Canada en 2023 et l'absence continue des États-Unis parmi ses membres. |
En juillet 2025, Séville a accueilli la quatrième conférence mondiale sur l’aide au développement, rassemblant chefs d’État et représentants d’institutions internationales. Parmi eux, Liqun Jin, président de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), a mis en lumière les ambitions et les ambiguïtés de cette institution créée en 2015. Forte de plus de 110 États membres et de plus de 300 projets financés, la BAII incarne à la fois une nouvelle forme de multilatéralisme et un levier géopolitique majeur pour la Chine. Cette dualité soulève des interrogations quant à son rôle réel dans l’ordre international et son influence croissante, au cœur des enjeux de coopération, d’investissement et de développement durable à l’échelle mondiale.
Sommaire
La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures : un acteur incontournable du multilatéralisme en 2025
Créée dans le but de répondre au déficit éprouvé en infrastructures en Asie, la BAII s’est rapidement étendue. Elle rassemble désormais 110 membres, incluant la France, mais excluant toujours les États-Unis. Son poids, bien qu’encore inférieur à celui de la Banque mondiale, ne cesse de croître à travers :
- Plus de 300 projets d’infrastructures majeurs lancés
- Investissements ciblés en Asie du Sud-Est, Afrique et Asie centrale
- Déploiement renforcé vers des partenariats stratégiques européens et africains
- Engagement accru dans le financement de projets liés au climat et au développement durable
- Volonté de rivaliser avec des banques multilatérales traditionnelles en rationalisant ses processus
La BAII revendique ainsi une gestion légère et efficace, offrant des procédures rapides notamment grâce à une structure simplifiée et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Cette dynamique est confirmée par Andrew Cross, directeur financier, qui soutient que cette configuration favorise une réactivité accrue dans le montage des projets.
Tableau comparatif des principales institutions financières multilatérales en 2025
| Institution | Année de création | Nombre de membres | Volume estimé des actifs (milliards USD) | Objectifs principaux |
|---|---|---|---|---|
| BAII | 2015 | 110 | 200 | Infrastructures, développement durable, connectivité régionale |
| Banque mondiale (BIRD) | 1944 | 189 | 1 200 | Réduction de la pauvreté, développement économique global |
| Banque asiatique de développement | 1966 | 68 | 250 | Infrastructures, intégration régionale asiatique |
Géopolitique et alignements politiques au cœur de la stratégie chinoise
Malgré l’apparence d’un multilatéralisme inclusif, la BAII conserve un lien étroit avec Pékin. Son siège reste à Pékin et sa direction, sous Liqun Jin depuis 2016, bientôt remplacé par Zou Jiayi, reflète toujours la mainmise chinoise. La Chine détient 26,5 % des droits de vote, lui assurant une influence déterminante dans les décisions. Selon une étude menée à l’université américaine de Rochester, les États proches politiquement de Pékin bénéficient d’un traitement préférentiel, avec un accès facilité aux financements et une procédure d’approbation accélérée.
- Favoritisme des alliés politiques dans les sélections de projets
- Orientation des investissements vers des zones stratégiques : Cambodge, Laos, mais aussi Inde et Arabie saoudite
- Equilibre recherché pour étendre son influence au-delà de la sphère sinisée
- Interface avec les initiatives globales chinoises, notamment les Routes de la soie
En 2025, le Premier ministre Li Qiang a souligné la nécessité de renforcer la coopération entre la BAII, l’initiative des Routes de la soie et l’initiative pour le développement mondial. Néanmoins, l’essentiel des fonds pour les Routes de la soie provient toujours d’autres entités étatiques chinoises, réduisant l’implication directe de la BAII selon les analyses de l’IFRI.
Liste des pays bénéficiant du soutien accéléré de la BAII selon leur proximité politique avec la Chine
- Cambodge
- Laos
- Pakistan
- Myanmar
- Népal
Développement durable et alliances stratégiques : la face visible de la BAII
Pour asseoir sa crédibilité globale et répondre aux attentes internationales, la BAII a intégré dans son ADN des objectifs ambitieux en matière de développement durable. Plus de 50 % de ses financements en 2025 sont alloués à des projets écologiques, notamment dans :
- Modernisation de réseaux électriques, en particulier en Inde
- Usines de dessalement en Arabie saoudite
- Initiatives pour l’eau et les systèmes d’irrigation au Cambodge
- Projets de mobilité durable en Asie centrale et Afrique
Cette orientation s’accompagne d’une politique volontariste de partenariats, intégrant aussi bien des acteurs asiatiques que des institutions occidentales comme la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, avec laquelle un accord de coopération a été signé en 2025.
- Renforcement des alliances en Europe et Afrique
- Ouverture prochaine d’un bureau européen à Londres pour mieux gérer les partenariats stratégiques
- Utilisation de la BIM (Banque des Infrastructures Mondiales) comme référence pour harmoniser les standards financiers
Cette volonté de diversification est autant un gage de crédibilité que de compétition accrue avec d’autres institutions internationales. Elle illustre les efforts pour balancer la perception dominante, présentée parfois comme une simple projection de soft power chinois. La récente visite à Séville, où le président Jin a rencontré Odile Renaud-Basso, témoigne de cette stratégie concertée.
Tableau des priorités de la BAII en matière de développement durable
| Priorité | Exemples de projets | Zone géographique | Objectif Géopolitique |
|---|---|---|---|
| Énergies renouvelables | Modernisation du réseau électrique | Inde | Renforcement de l’influence en Asie du Sud |
| Gestion de l’eau | Réseaux d’irrigation | Cambodge | Stabilité et développement local |
| Infrastructures durables | Usines de dessalement | Arabie saoudite | Extension du réseau d’influence au Moyen-Orient |
Perspectives et défis : quelle trajectoire pour la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures ?
Malgré les efforts visibles de la BAII, certains défis persistent, notamment en termes de perception internationale :
- Suspicion quant à l’influence chinoise et ses implications géopolitiques
- Départ de certains membres clés comme le Canada en 2023, dénonçant un manque d’indépendance
- Pressions des États-Unis, toujours absents, et leurs alliés européens
- Gestion délicate entre multilatéralisme affiché et réalités politiques internes
- Gestion de la conformité aux normes internationales et aux attentes environnementales
La perspective, selon certains experts comme Jacques Attali, est que la BAII puisse devenir un « pilier alternatif » à l’ordre financier mondial dominé historiquement par des institutions occidentales. Pour cela, l’institution devra renforcer ses partenariats stratégiques, promouvoir un véritable dialogue inclusif et élargir la coopération au-delà de sa zone d’influence traditionnelle.
Le débat reste ouvert sur le réel impact de la BAII, que ce soit au plan technique, économique ou stratégique. Mais son rôle dans le développement des infrastructures, en particulier dans les zones les plus vulnérables du globe, est déjà tangible notamment sur le continent africain.
FAQ sur la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII)
- Qu’est-ce que la BAII ?
La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures est une institution financière multilatérale créée en 2015, visant à financer des projets d’infrastructures principalement en Asie, tout en élargissant son influence mondiale. - Comment la Chine influence-t-elle la BAII ?
La Chine détient la majorité des voix et contrôle la direction, orientant ainsi la sélection des projets en fonction de ses intérêts géopolitiques. - Quels sont les domaines prioritaires de la BAII ?
L’institution privilégie les investissements dans les infrastructures, le développement durable, la connectivité régionale et les projets liés au climat. - La BAII travaille-t-elle en coopération avec d’autres banques ?
Oui, elle développe des partenariats stratégiques avec des institutions telles que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, renforçant ainsi sa crédibilité. - Quels sont les principaux défis auxquels la BAII est confrontée ?
L’influence chinoise perçue comme prépondérante, l’absence des États-Unis et la nécessité de convaincre de sa neutralité et sa capacité d’action multilatérale.

Je suis Yvon Chrétien, passionné d’immobilier. J’ai toujours aimé bâtir, mais ce qui me surprend, c’est comment une ruine peut devenir un palais avec un peu d’imagination. L’immobilier, c’est l’art de transformer les possibles.