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En bref : • La BAD a mobilisé un capital record de 325 milliards de dollars sous Adesina, tout en maintenant sa notation triple A et une forte présence internationale. • Malgré des initiatives comme Mission 300 pour l'électrification, les résultats restent mitigés face aux défis persistants: 43% des Africains sans accès à l'énergie, dépendance alimentaire croissante et création d'emplois insuffisante. • Les crises mondiales (Covid-19, guerre en Ukraine) ont perturbé la mise en œuvre des projets et compliqué les partenariats public-privé. • Le nouveau président Sidi Ould Tah devra diversifier les sources de financement, tripler les opérations non souveraines et renforcer l'implication du secteur privé pour soutenir l'innovation locale. |
Après deux mandats marqués par une ambition affirmée et des résultats nuancés, la Banque Africaine de Développement (BAD) s’apprête à franchir un nouveau cap sous la direction de son successeur, Sidi Ould Tah. Entre la gestion d’une explosion des besoins en financement et la nécessité de réinventer son modèle d’intervention, l’institution fait face à des défis complexes. À l’heure où les enjeux de développement durable, de croissance économique et d’innovation sont plus pressants que jamais, la BAD doit redéfinir ses priorités dans un contexte global particulièrement incertain.
Sommaire
Le bilan d’Adesina : une Banque africaine de développement tournée vers le monde
Akinwumi Adesina, économiste nigérian ayant mené la BAD entre 2015 et 2025, a laissé une empreinte indéniable. Sous son impulsion, l’institution s’est dotée des « High Five », cinq priorités destinées à catalyser l’essor du continent africain : électrification, sécurité alimentaire, industrialisation, intégration régionale et amélioration des conditions de vie. Cet agenda, relayé dans les cercles internationaux, a fortement contribué à hisser la BAD sur la scène mondiale.
En termes financiers, la mobilisation d’un capital record estimé à 325 milliards de dollars lors de la réunion actionnariale de 2024 vient renforcer la capacité d’investissement de la BAD. Ce chiffre record reflète la confiance maintenue par les partenaires internationaux malgré des circonstances délicates, notamment des remous internes liés à des accusations d’éthique et la montée de crises sanitaires et géopolitiques comme la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine.
- Mobilisation du capital record : 325 milliards de dollars
- Maintien de la notation triple A assurant des taux d’intérêt avantageux
- Participation active aux sommets internationaux (G7, G20)
- Lancement des missions multi-sectorielles comme Mission 300 pour l’accès à l’énergie
Pour approfondir la compréhension du contexte économique africain, consulter le classement des économies africaines sur Mediavor.
| Indicateur | Valeur (2024) | Objectifs BAD |
|---|---|---|
| Capital mobilisé | 325 milliards USD | Augmenter le financement des infrastructures |
| Accès à l’électricité | 57% de la population africaine | Électrifier 300 millions d’Africains supplémentaires avec Mission 300 |
| Nombre d’emplois formels | 511 millions | Augmentation soutenue des emplois non informels |
Une BAD sous le signe de la sécurisation financière
Christian Jekinnou, expert en développement, note que la BAD a privilégié la stabilité et la crédibilité financière. Conserver la notation triple A est apparu essentiel pour garantir des conditions de financement avantageuses. Cette stabilité a aussi permis de limiter les risques liés aux crises extérieures, en pratiquant une politique d’investissement prudente plutôt que de prise de risques inconsidérée.
Défis et résultats mitigés : évaluation des priorités de développement
Malgré des avancées indéniables, plusieurs indicateurs mettent en lumière les limites des politiques d’Adesina.
- Souveraineté alimentaire : les Sommets de Dakar ont établi des pactes pour réduire la dépendance aux importations, mais les besoins continuent d’augmenter, avec une facture alimentaire africaine entrée en croissance forte depuis 2023 (de 50 à près de 100 milliards USD).
- Transformation agricole : le programme TAAT a permis à l’Éthiopie d’atteindre une autonomie partielle en blé, mais demeure tributaire d’engrais importés, affectant la productivité.
- Emploi : la progression du nombre d’emplois formels est un point positif, mais peine à suivre la croissance démographique, notamment chez les 15-35 ans.
- Électrification : malgré la portée de Mission 300, plus de 600 millions d’Africains (43% de la population) vivent encore sans accès stable à l’énergie.
| Aspect | Situation actuelle | Défis restant |
|---|---|---|
| Souveraineté alimentaire | Dépendance accrue aux importations alimentaires | Réduire les importations, améliorer la production locale |
| Transformation agricole (TAAT) | Autonomie en blé partielle chez Éthiopie | Réduire dépendances aux engrais importés |
| Emploi | 511 millions d’emplois formels | Couvrir la demande d’emploi des jeunes |
| Accès à l’énergie | 57% connectés au réseau électrique | Électrifier 300 millions de personnes supplémentaires |
Une politique marquée par les crises mondiales
Les aléas internationaux comme la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine ont perturbé les plans de développement, ralentissant la mise en œuvre des projets et amplifiant les enjeux liés à l’investissement dans des secteurs clés. Le contexte inflationniste complique également le recours aux partenariats public-privé, pourtant envisagés comme un levier essentiel pour multiplier les ressources mobilisées.
Orientations stratégiques pour la Banque Africaine de Développement après Adesina
Le plan Ten-Year Strategy 2024-2033 établi avant la transition confirme une volonté de continuité tout en soulignant la nécessité d’adaptations majeures. Pour Sidi Ould Tah, nouveau président entré en fonction en septembre, le défi est à la fois de défendre une institution encore très multilatérale et d’orienter la financiation vers des secteurs à haut impact.
- Prioriser les projets innovants au service du développement durable pour répondre aux urgences climatiques et sociales.
- Tripler les opérations non souveraines pour ouvrir davantage la banque aux investisseurs privés.
- Renforcer les synergies avec le secteur privé en développant des partenariats public-privé plus efficaces.
- Diversifier les sources de financement, notamment en mobilisant des fonds africains dans un contexte de désengagement progressif des bailleurs traditionnels.
- Focus sur la réduction de la pauvreté via des investissements dans l’agriculture, l’énergie et l’emploi jeunesse.
| Orientation stratégique | Objectifs clés | Impacts attendus |
|---|---|---|
| Projets innovants et durables | Intégrer innovations vertes et technologiques | Renforcement de la résilience climatique et sociale |
| Augmentation des opérations non souveraines | Mobilisation accrue des investisseurs privés | Multiplication des financements et diversification des risques |
| Renforcement des partenariats public-privé | Développement de nouveaux modèles de cofinancement | Optimisation de l’usage des ressources publiques et privées |
| Diversification du financement | Mobilisation de capitaux africains | Renforcement de la souveraineté financière |
Appels à un repositionnement structurel
Certains spécialistes mettent en avant la nécessité d’un retour à la vocation initiale de la BAD, celle de concepteur et coordinateur de politiques publiques, au-delà du rôle de simple financeur. D’autres plaident pour plus de prises de risques et un soutien accru aux start-ups innovantes, actuellement souvent dépendantes de capitaux étrangers, freinant ainsi leur croissance locale.
- Renforcement de la mission politique et réglementaire
- Augmentation des financements à destination des start-ups
- Soutien renforcé à l’innovation locale et aux entreprises émergentes
Pour un éclairage plus large sur les enjeux liés au multilatéralisme et aux institutions africaines, lire les analyses récentes sur Mediavor.
FAQ sur l’avenir de la Banque Africaine de Développement après Adesina
- Quels sont les legs majeurs d’Akinwumi Adesina à la BAD ?
Il a instauré les « High Five », mobilisé un capital record, maintenu la stabilité financière et accru la visibilité internationale de l’institution.
- Quels sont les principaux défis à relever pour la BAD sous Sidi Ould Tah ?
Adapter le modèle de financement face à la crise de la dette, tripler les opérations non souveraines et intégrer davantage le secteur privé.
- Comment la BAD compte-t-elle soutenir l’innovation en Afrique ?
En augmentant les fonds dédiés aux start-ups et projets innovants, notamment dans la technologie agricole et les infrastructures durables.
- Quel rôle jouent les partenariats public-privé dans la stratégie de la BAD ?
Ils sont essentiels pour multiplier les investissements, diversifier les financements, et optimiser les ressources pour le développement durable.
- Comment la BAD envisage-t-elle la réduction de la pauvreté ?
Par des investissements ciblés dans l’agriculture, l’accès à l’énergie, et la création d’emplois formels, notamment pour la jeunesse africaine.

Je suis Yvon Chrétien, passionné d’immobilier. J’ai toujours aimé bâtir, mais ce qui me surprend, c’est comment une ruine peut devenir un palais avec un peu d’imagination. L’immobilier, c’est l’art de transformer les possibles.